Valérie Languille,

L’ESSEC, de l’école catholique des fils à papa à la grande école de gestion

École catholique fondée par des jésuites au début du siècle, l’ESSEC s’est longtemps distinguée des écoles consulaires (HEC, ESCP, Écoles Supérieures de Commerce de province…) fondées au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, à la fois par son mode de fonctionnement, sa mission idéologique et les tensions qui la traversèrent. Un processus de sécularisation, imposé par l’évolution de l’environnement extérieur, a toutefois éloigné l’ESSEC de ses origines catholiques pour intégrer dans le système global de l’enseignement supérieur commercial. En cela, l’école se rapproche étonnamment des universités américaines, fondées par des sectes religieuses afin de former leurs prêcheurs, qui, voyant peu à peu affluer des étudiants d’autres origines et pressées par la concurrence, sont devenues de grandes universités multidisciplinaires, sans plus aucun lien avec leur vocation première.

ESSEC, a Catholic school founded by the Jesuits at the beginning of the century, long remained different from the business schools emanating from the Chambers of Commerce (HEC and the Écoles Supérieures de Commerce of Paris and the provinces) founded during the second half of the 19th century. The differences centered on its operating mode, its ideological mission, and the tensions which it underwent. Over time, the external environment imposed a process of secularization which separated ESSEC from its Catholic origins and led to its integration into the national system of post-baccalaureate business education. Accordingly, this process bears a striking resemblance to that of certain American universities whose original purpose was to train Protestant ministers, but which, due to both the arrival of students from other origins and to outside competitive pressures, became major multi-disciplinary universities without any link to their original mission.

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