Olivier Giraud (avec Michel Lallement),

L’institutionnalisation des relations professionnelles en RFA

En Allemagne, l’institutionnalisation des relations professionnelles s’engage dès 1945, avec la reconstitution du mouvement syndical et des associations patronales. La méfiance des Alliés occidentaux puis l’hostilité des premiers gouvernements ordo-libéraux ne favorisent guère une telle renaissance. L’autonomie de négociation est cependant acquise. Les confrontations et marchandages entre employeurs et salariés s’organisent à deux niveaux: la branche et l’entreprise. Alors même que leur reconnaissance est formellement exclue au sein de l’entreprise, les syndicats parviennent progressivement à imposer malgré tout leur présence et à uniformiser les négociations conventionnelles sur le plan national. Une telle architecture se renforce au cours des années 1970 grâce au compromis néo-corporatiste qui s’instaure. Le grand conflit sur le temps de travail de 1984 marque un tournant: les syndicats inaugurent à cette occasion de nouvelles stratégies de lutte et acceptent pour la première fois un compromis de type «donnant-donnant» (réduction du temps de travail contre flexibilité).

The institutionalisation of industrial relations began to take place in Germany in 1945 with the re-establishment of the labour union movement and of manufacturers’ associations. The mistrust of the western Allies and the hostility of the first governments oriented toward regulated free markets hardly encouraged such a renaissance. The right to autonomous negotiation was nonetheless acquired. The confrontations and the dealings between employers and employees were structured on two levels: the economic sector and the firm. Although they were formally prohibited from being recognised at the individual firm level, labour unions progressively managed to impose their presence and to obtain national level negotiations on work rules by trade. The approach was reinforced during the 1970s within the neo-corporatist climate. The major conflict on the number of work hours from 1984 onward marked a turning point. Labour unions initiated new negotiating strategies at this time and accepted for the first time a compromise based on mutual concessions (reduction of work hours in exchange for greater flexibility).

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