Frédéric Frery,

De l’entreprise intégrée à l’entreprise transactionnelle

À travers les exemples de Benetton, Toyota ou Nike, on peut présenter un état de la réflexion sur les entreprises transactionnelles. Ces structures externalisées, qui rassemblent des myriades de firmes indépendantes au sein d’une même chaîne de valeur, font l’objet de très nombreuses recherches et d’une véritable inflation sémantique. Leur ré-émergence (elles constituaient, sous une forme proche, le paradigme dominant de l’économie médiévale) peut être justifiée par l’évolution des économies d’échelle, de l’intégration technologique, des coûts de transaction et de la logique patrimoniale. Obtenues soit par fédération d’entreprises indépendantes, soit par désintégration d’une entreprise unique, ces structures cumulent les avantages de la grande taille et de la souplesse, mais contrairement aux idées reçues, elles n’abandonnent pas les notions de hiérarchie ni de taylorisme.

Using Benetton, Toyota and Nike as examples, the author reflects on the nature of transactional corporations. These open structures, which gather myriad firms within the same value chain, have not only prompted numerous research efforts, but have also undergone a certain semantic inflation. Their reappearance (they were, in a related form, the dominant paradigm of the economy of the Middle Ages) can be explained as an evolution of the four classical factors underlying the integrated firm (economies of scale, process integration, transaction costs, and owner priority). They can result from two opposite processes: the federation of independent companies or the break-up of the integrated firm. They combine the advantages of small autonomous structures with the properties of large integrated corporations, but, contrary to generally accepted ideas, transactional structures abandon neither hierarchy nor taylorism.

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