Eric Bussière,

Entre la banque mixte et la banque d’affaires : la Banque de Paris et des Pays-Bas et sa stratégie industrielle: 1900-1930

L’histoire de la Banque de Paris et de Pays-Bas, principale banque d’affaires française, est marquée par deux poussées de l’investissement industriel au cours de la première moitié du siècle: vers 1900 puis à la fin de la première guerre mondiale; elles furent suivies de brusques temps d’arrêt. Au début du siècle, la banque investit dans la métallurgie, la chimie; les résultats ne sont pas favorables et la banque se détourne de l’investissement industriel. À la fin du premier conflit mondial, la banque développe une stratégie beaucoup plus globale, touchant les principaux secteurs, puis, à la suite de la crise de 1921, croit pouvoir orienter un large processus de concentration dans l’industrie française. Une fois encore elle doit se résigner à des objectifs plus modestes: elle profite du mouvement de fusion des années 1928-1930 pour opérer certains dégagements mais ne le conduit pas. Ces deux épisodes marquent une tendance des banques d’affaires françaises à se rapprocher du modèle allemand au cours du XXe siècle sans jamais l’avoir pleinement adopté.

Two periods of heavy investment in industry are remarkable in the history of the Banque de Paris et des Pays-Bas, the most important French « banque d’affaires, » during the first half of the twentieth century: around 1900 and at the end of the First World War. The two periods were followed by relatively abrupt stops. At the beginning of the century, the bank invested in the chemical, iron and steel industries. The results were not favorable and the bank retreated from industrial activities; then, after the 1921 depression, the bank thought it was able to direct the merger process that French industry needed. Once more, it had to adopt more prudent aims. The bank took the opportunity of the merger period of 1928-1930 to sell its interests in a few enterprises but did not conduct the movement. These two episodes reveal a tendency of the French « banques d’affaires » to adopt the German or Belgian model of the universal bank. But they never adopted it completely.

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