Emmanuel Chadeau,

Contraintes technologiques et stratégies internationale : le moteur d’aviation, 1920-1970

Les constructeurs de moteurs d’avion doivent avoir les stratégies mondiales ou bien végéter et disparaître. Cette loi de développement est inscrite dans l’histoire du produit depuis le début du siècle. Elle est fille de l’exigence technico-économique, dès qu’il s’agit de réaliser des machines de qualité à cause de la lourdeur des investissements dès le stade de la recherche-développement, du rôle des séries allongées dan l’amortissement de ces dépenses, et de la durée de vie des moteurs, rançon de la fiabilité. Le présent article analyse et compare les stratégies édifiées face à ces réalités par les deux principaux motoristes français de leur époque: Gnôme & Rhône, entreprise condamnée en 1918 mais revenue dans le peloton de tête mondial dans les années 1930; SNECMA, firme publique créée en 1945 sur les décombres de la précédente, qui connut un cheminement plus lent et plus incertain. Au terme de cette étude sont posées deux questions: quelle peut être la liberté stratégique d’une entreprise de haute technologie contrainte par un marché national sous contrôle étatique? Que vaut une «politique technologique» d’État, si elle ne se coule pas dans les réalités de long terme de la concurrence mondiale?

Worldwide competition among aircraft engine manufacturers since the eve of the 20th century may be considered as a challenge between nations for economic advantage as well as a kind of « risky game » played by firms’ owners or managers in order to gain technological advantage over competitors and then to reach a worldwide market. In France, it was commonly featured as a struggle for trade balances benefit, in order to secure the national balance of payments and the French Franc’s rate of change. But in fact, the competition is led by the intimate nature of the product and of markets: heavy investments are required for each type designed as soon as the R&D period; the return of R&D expenses lays upon large-scale production and fidelity from a few main customers, while the long life of engines limits the renewal of sales opportunity. How did prominent French firms deal with the challenge of these realities in the interwar and then postwar periods? This paper sums up and compares the main features of the following two strategies: that of the Gnôme & Rhône Company in the interwar period, and that of its public-owned follower, the SNECMA (Société Nationale d’Étude et de Construction de Moteurs d’Aviation) created in 1945.

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