Claude Beaud

Le drame de Creusot-Loire : échec industriel ou fiasco  politico-financier ?

Après de nombreuses études consacrées aux établissements Schneider de 1837 à 1960, nous observons, à partir de 1970, l’évolution du premier groupe français de mécanique lourde, Creusot-Loire, vers la faillite en 1984. Tout en traînant le boulet de la sidérurgie, il était aussi orienté, avec Framatome, vers la technologie de pointe du nucléaire.
Creusot-Loire subit de plein fouet, de 1976 à 1979, une première crise, celle de la sidérurgie. Elle est la seule société à ne pas avoir obtenu l’aide du « plan sidérurgie » de 1978. Cependant, grâce aux efforts de redressement, l’entreprise renoue en 1981 avec de modestes bénéfices.
Mais cette éclaircie est sans lendemain : en 1982 et 1983, Creusot-Loire est victime d’un effondrement financier brutal, en contradiction avec le maintien de sa compétitivité internationale. L’accumulation des pertes de plus de 2 milliards en deux ans apparaît comme un suicide ou un assassinat. Le salut ne peut venir que de l’État. Le 28 juin 1984, le refus du gouvernement d’apporter son aide conduit à la mise en règlement judiciaire puis à une liquidation qui s’annonçait désastreuse. L’étude ultérieure de cette liquidation peut nous réserver quelques surprises.

After many studies concerning the Schneider firm from 1837 to 1960, we observe, from 1970, the evolution of the first French group of heavy mechanics, Creusot-Loire, to the bankruptcy in 1984. With a millstone round the neck of the old steel industry, it was also, with Framatome, directed towards nuclear high technologies.
From 1976 to 1979, Creusot-Loire severely suffered from a first crisis, the steel industry crisis. It was the only company that did not obtain the help of the 1978 steel plan. The firm, however, made modest profits in 1981, thanks to recovery efforts.
But it was a short-lived bright interval: in 1982 and 1983, Creusot-Loire was a victim of a sudden financial collapse, opposed to its international competitiveness. Cumulated losses of more than two billion francs during two years look like a suicide or a murder. The rescue could only come from the government. On June 28th, 1984, the government refused to bring help, which lead to bankruptcy, then to liquidation which looked like a disaster. A subsequent study of that liquidation may have a few surprises in store.

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